Le plus original sinon le plus savant des peintres de l'Espagne moderne, naquit le 31 mars 1746, à Fuentes de Todos, dans le royaume d'Aragon. Élève de Francisco Bayeu et de José Lusan, il fit, jeune encore, le voyage de Rome, et remporta en 1771 le second prix de peinture proposé par l'Académie de Parme.

À son retour en Espagne, il fut chargé de composer des modèles pour la manufacture royale de tapisseries, et ces dessins furent les premières œuvres qui attirèrent sur lui l'attention publique. La grâce et le naturel qu'il apportait dans la peinture des scènes populaires, genre nouveau, où il se distingua constamment, excitèrent l'admiration des connaisseurs.

Peintre et caricaturiste, Goya a beaucoup produit. Il a peint à fresque la chapelle de San-Antonio de la Florida, Sainte Rufine et saint Marine, dans la cathédrale de Séville. Il y a de la main de Goya, dans les musées d'Espagne, des œuvres importantes. À Madrid, au musée del Rey, on voit les portraits équestres de Charles IV et de la reine Marie-Luisa, et le tableau intitulé de Dos de Mayo, curieuse scène de l'invasion française.

Goya a laissé des caricatures d'un très-haut prix. Il nous reste de lui la Tauromaquia, suite de trente-trois planches, vingt dessins sous le titre de Scènes d'invasion et enfin son chef-d'œuvre, les Capriccios, qui se composent de quatre-vingts gravures. Goya mourut à Bordeaux, dans la nuit du 15 au 16 avril 1828, très vieux, très triste et très oublié.
[Emplacement publicitaire]