Biographie de Peter Paul Rubens
1577 - 1640
Voilà comment Pierre-Paul Rubens naquit et fut élevé en terre germaine. Ramené à Anvers après la mort de son père, en juin 1587, il apprit le flamand, le français et le latin. Il devait, plus tard, se servir couramment de l'italien dans sa correspondance.
Enfant, il copia les figures de la Bible de Stimmer. Le pompeux décor du culte catholique lui fit une impression ineffaçable, dont la trace devait se retrouver plus tard dans sa prédilection pour les scènes où l'on pouvait introduire des chapes d'évêque et des vêtements de brocart. Entré comme page à treize ans chez une princesse, il fut bientôt placé (1590) chez le paysagiste Tobie Verhaecht ; peu après, il entra pour trois ou quatre ans chez Adam van Noort, excellent professeur, maître aussi de Jordaens et de van Balen. En 1594, il devint l'élève d'Otho Venius ou van Veen qui lui inculqua, avec le goût des compositions décoratives, l'amour de l'antiquité et de l'Italie.
Il exposa dans l'église d'Anvers, le 12 septembre 1612, la Descente de croix, un de ses plus parfaits chefs-d'œuvre. Ses contemporains ne s'y trompèrent pas : de ce jour, Rubens ne fut pas pour eux le plus grand peintre du pays, il fut le seul. Les artistes qui auraient pu essayer de rivaliser avec lui préférèrent travailler sous ses ordres et ne crurent pas déroger.
Il n'aurait pu suffire aux commandes sans l'aide d'élèves et de collaborateurs qui exécutaient en grand, sous ses yeux, ses incomparables esquisses : Van Dyck et Jordaens peignaient les figures ; Snyders, Paul de Vos, les animaux ; Breughel de Velours, Jean Wildens, Martin Ryckaert, le paysage.
Son mariage (6 décembre 1630) avec Hélène Fourment, née le 14 avril 1614, fut, malgré la disproportion des âges, le début d'une nouvelle ère de bonheur. Les nombreux portraits de sa jeune femme (musées de Munich, Ermitage, etc.) et, plus encore, les innombrables compositions où il l'a reproduite sans voiles, prouvent combien il était épris d'elle.
Le déclin de la vieillesse lui fut épargné ; il mourut en pleine gloire, à peine âgé de soixante-trois ans.
On a souvent parlé de Rubens comme d'un fougueux improvisateur ; rien n'est moins juste. Ambitieux avec mesure, il géra son œuvre comme sa vie et sa fortune. Les quinze cents ouvrages créés par lui furent conçus sagement, préparés de même. Grand exemple pour les jeunes peintres, son inspiration, plutôt « extensive » qu'« intensive », était moins d'un luministe que d'un coloriste.
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